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Film classé Art et Essai

 

 

Synopsis

« Film – portrait » de Burdignes, dans la Loire; un village agricole et rural pas tout à fait comme les autres. Autour d’initiatives liées à l’alimentation, à l’énergie, à l’habitat et à la vie culturelle, les habitants participent à une transition écologique en action et à un « mieux-vivre ensemble ». Avec des paroles fortes, des paysages grandioses, une création musicale réussie, ce documentaire est joyeusement optimiste.

De jeunes agriculteurs s’installent, alors qu’ailleurs des fermes sont abandonnées par centaines. Les « paysans d’hier », aujourd’hui officiellement retraités, sont encore là pour aider, conseiller, animer, dans la continuité de leurs innovations d’antan. Précurseurs, dès les années soixante ils se sont lancés dans l’accueil paysan, la ferme auberge, l’ouverture au monde en osant prendre des vacances, voire la création d’une station de ski de fond, dans la foulée des jeux olympique de 1968… Mais surtout, ils ont, depuis toujours, élevé leurs enfants dans la fierté et l’importance du métier de « paysan » : quelqu’un qui vit dans son pays, de son pays, pour son pays…
Cette conviction explique en partie la forte tradition locale d’accueil des nouveaux venus. Une ouverture aux autres qui, aujourd’hui, semble à la source de tous « les vents » qui brassent ce village de col et de sommet : création d’un parc éolien participatif, éco-hameau d’initiative municipale, fête annuelle de la solidarité, école à classe unique massivement soutenue par des parents d’élèves très impliqués, etc.

Autre explication, plus en en arrière fond. Depuis la nuit des temps, le théâtre amateur occupe une place significative pour un petit village. Objectifs : rassembler (et ça marche…), favoriser la prise de parole et pousser à la réflexion par le choix des textes.
Les nouveaux habitants ne viennent pas s’installer à Burdignes par hasard. Les magnifiques points de vue sur les Alpes – à la fois lointaines et proches – n’expliquent pas tout. L’arrivé et l’implication des néo-ruraux – notamment au sein du conseil municipal – ne transforment pas pour autant la commune en un village « Bobo ». Les vaches et les chèvres sont plus que jamais là, dans le film comme dans la vraie vie. Autour d’initiatives liées à l’alimentation – produire local, transformer local et vendre local –, à l’énergie et à l’habitat, les habitants participent à une transition écologique en action et à un « mieux-vivre » ensemble. Il s’agit de regarder ce « monde » tel qu’il fonctionne en 2017. Comment une activité ancestrale, l’agriculture, se redynamise et se réinvente, tout en demeurant l’ossature de ce village « dans le vent » ?

Un texte de Philippe Vouillon, Journaliste

« Rien ne rend plus heureux sur Terre que de faire quelque chose dont on est convaincu… », confie une habitante de Burdignes à Jean-Louis Gonterre, venu poser son regard et sa caméra dans ce petit village de la Loire, aux confins de l’Ardèche et de la Haute-Loire. Le réalisateur semble avoir fait sien cet adage, lui qui était arrivé là d’abord intrigué par l’émergence de deux projets citoyens et participatifs ; un parc éolien et un éco-hameau.

Au fil des témoignages d’habitants – des agriculteurs, l’institutrice et le maire, une potière, d’autres artistes et artisans… – chacun nous montre qu’un autre monde est possible, plus fraternel et respectueux de l’environnement.

Et ce documentaire fait comme un pied de nez à la sinistrose pour montrer des paysans heureux de produire une alimentation de qualité. Des néo-ruraux d’hier et d’aujourd’hui, des jeunes couples et des retraités, racontent avec plaisir leurs aventures individuelles et collectives, leur plaisir de vivre ensemble. La tradition locale du théâtre amateur et la trentaine de comédiens actifs pour trois cent cinquante habitants ne sont pas les moindres des anecdotes à y découvrir. Loin du repli sur soi, Burdignes montre au contraire le visage d’une communauté ouverte sur le monde, à la mesure des vastes panoramas de ce village du bord du Massif Central où les vues portent vers les Alpes.

Des plans fixes pleins de poésie, tranches de vie ou paysages marqués par les saisons – un gratin fumant de pomme de terre, le ballet d’un tracteur à la fenaison –, rythment ce film marqué aussi par l’ambiance d’une création musicale très réussie.

« Burdignes, ce n’est pas un paradis, mais on essaye d’en faire un lieu de vie le plus humain possible ».

Philippe Vouillon, Journaliste indépendant.

Un texte de Jean Pierre Carrier

 

Auteur du DICTIONNAIRE DU CINEMA DOCUMENTAIRE
éditions Vendémiaire mars 2016

V comme village heureux

Un village dans le vent, Jean Louis Gonterre,  2018, 1h 16

Le paradis sur terre existe-t-il ? Les habitants de Burdignes, petit village de la Loire, sont unanimes à répondre oui. Sans hésitation. Et ils s’en réjouissent. Car ce paradis sur terre c’est à Burdignes qu’il a vu le jour, et qu’il continue à éclairer la vie de ses habitants, qu’ils soient là depuis peu de temps ou depuis toujours, qu’ils soient paysans (ils tiennent à cette appellation), ou artisans, ou « simples citoyens ». Tous font l’éloge sur ce petit village qui auraient pu rester « un trou paumé », comme tant d’autres, sans la ferme volonté des élus locaux d’aller de l’avant, et l’engagement de tous à leurs côtés, dans la vie associative bien sûr, mais aussi dans sa vie professionnelle de tous les jours. A Burdignes, le bonheur n’est pas un vain mot. Et le large sourire qui illumine bien des visages a de quoi en rendre jaloux plus d’un.

Le film de Jean Louis Gonterre – admirateur sans réserve de la vie à Burdignes – va faire l’inventaire de cette réussite donnée comme exemplaire. Il  recueille la parole de tous, du maire – très présent – et de ses élus, des agriculteurs, des artisans, du boulanger au restaurateur de la ferme auberge, sans oublier la maîtresse de la classe unique et les parents d’élèves, car  l’école est vécue comme indispensable au village et tous y tiennent comme à la prunelle de leurs yeux.

Il va ensuite présenter les activités, associatives et professionnelles, qui font la vie sociale et économique du village. La troupe de théâtre amateur, les Burdivents, qui mobilise ou a mobilisé un jour ou l’autre une bonne moitié des habitants et dont les spectacles annuels sont de francs succès. Le groupe vocal Yeta, et l’atelier créé par une comédienne pour l’accompagner. La fête d’été aussi, moment convivial par excellence. Puis les projets de la municipalité, l’éco-hameau en particulier, qui vise à échapper au lotissement classique et qui est devenu un chantier participatif. Et même un projet éolien, qui recueille l’approbation collective dans la mesure où il est présenté comme bénéficiant à tous.

La présentation du village ne serait pas complète sans un regard – empathique bien sûr – portée sur la vie paysanne. Nous suivons quelques travaux des champs, la récolte des patates – un de ces agriculteurs est particulièrement fier d’utiliser le cheval qu’il a lui-même dressé pour cela. Le bio se développe de plus en plus. Beaucoup transforment eux-mêmes leur production et la commercialisent dans des circuits courts qui évitent les intermédiaires.  Ici la campagne ne connaît pas la désertification. Nous sommes bien loin de la vision de Depardon d’un monde rural condamné à disparaître. Ici les enfants reprennent les exploitations des parents et les nouveaux arrivants qui veulent s’installer sont accueillis à bras ouverts – il n’y a pas d’immigrés parmi eux.

Pas une seule fausse note dans ce tableau idyllique. Dynamisme, bonne humeur, joie dans le travail, sont les mots que l’on entend le plus fréquemment. Et comme dit un des habitants du village, « Les oiseaux, l’herbe, les arbres, le bonheur de vivre à Burdignes »  Étant donnée la morosité ambiante, il est rassurant de constater qu’il existe des gens heureux.

Jean-Pierre Carrier, Lyon le 5 mars 2018